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AXE 1 – Re-penser la Méditerranée

Axe 1

Re-penser la Méditerranée

Responsables : A. Brogini, V. Mérieux

  1. Idées de Méditerranée (B. Meazzi, V. Mérieux, M. Mocca)
  2. Territoires et élites (A. Brogini, M. Ghazali, J.P. Pantalacci)
  3. Réseaux et circulations (P.Y. Beaurepaire)

Intitulé Re-penser la Méditerranée, l’axe 1 du prochain plan quinquennal du CMMC (Responsables : Anne Brogini et Véronique Mérieux) est un projet pluridisciplinaire qui interroge les concepts d’espaces et territoires, de circulations et de représentations en Méditerranée aux époques moderne et contemporaine. Donnée géographique et référentiel d’un imaginaire social et culturel, la Méditerranée est un espace pluriel recouvrant des unités et des divisions, qui fait l’objet de représentations et de créations artistiques et intellectuelles, dont la diffusion esquisse des territoires, des réseaux et des transferts. Cet axe se fonde sur un renouvellement des travaux en sciences humaines et sociales concernant les notions d’espaces et de territoires, qui, en Méditerranée, apparaissent très liées à l’histoire des idées, de l’art, de la littérature, à l’histoire des sciences et à celle des relations qu’entretiennent certains groupes sociaux avec les territoires qu’ils défendent et dominent.

Sa problématique s’articule autour de trois chantiers structurants :

1/ Le premier, intitulé Idée(s) de Méditerranée(s) valorisera l’étude inter et transdisciplinaire d’historicités, de corpus et de pratiques disciplinaires multiples. L’idée de Méditerranée sera appréhendée dans ses successives contextualisations, concrétisations et manifestations historiques, politiques, sociales et artistiques afin de mettre en lumière ses déclinaisons et définitions théoriques ainsi que ses enjeux, distorsions, anachronismes, contradictions. Il s’agira d’identifier dans l’espace politique, économique, poétique, littéraire, et artistique les perceptions et représentations par lesquelles l’imaginaire nourrit et véhicule l’idée complexe de Méditerranée dans le temps long (XVIe – XXIe siècles). Il s’agira d’établir comment se forgent en phases successives, les concepts, modèle et archétype de Méditerranée, tantôt rigidement théorisés, tantôt distordus par les instrumentalisations historiques ou politiques, sociales qui seront mises en lumière.

2/ Intitulé Territoires et élites, le deuxième chantier cible, dans l’espace particulier de la Méditerranée, les redéfinitions politiques, culturelles et sociales d’un ordre nobiliaire placé à la charnière entre une chevalerie médiévale et une identité définie par la race et la preuve écrite. Il observera donc comment la noblesse s’approprie des territoires -spatiaux et sociaux- qui l’affermissent et qui deviennent les supports de son identité et de ses représentations en tant que groupe social dominant. C’est dans la première modernité (1450-1650) que la noblesse se définit en tant que statut juridique et social en Europe méditerranéenne, contribuant à l’uniformisation progressive de ses comportements et à sa domination sur les territoires économiques, sociaux et politiques. Trois thématiques s’intéresseront en France, Italie et Espagne, aux territoires guerriers, identités et représentations militaires ; aux territoires économiques et pratiques familiales (possessions foncières, placement des cadets) ; aux territoires sociaux et pouvoirs politiques de la noblesse.

3/ Le chantier Réseaux et circulations s’intéresse à une période (1650-1850) qui connaît dans le domaine de l’histoire culturelle et scientifique un sous-investissement de l’Europe méridionale, et a fortiori de la Méditerranée comme terrain de recherche. Ce chantier vise à une réévaluation de l’importance des circulations savantes et culturelles dans l’Europe méridionale et en Méditerranée, ainsi qu’à mieux saisir les dispositifs d’échanges qui les soutiennent et leurs connexions aux circulations centrées sur l’Europe protestante. Il étudiera (outre les réseaux de correspondance, traductions savantes et recommandations académiques) le corpus documentaire inédit de la correspondance du cardinal Angelo Maria Querini. Le chantier donnera lieu à un projet d’édition en humanités numériques/digital humanities de la correspondance active et passive de Querini. Une restitution des réseaux dans lesquels se déploient son activité savante et celles de ses correspondants et une restitution en cartographie dynamique des circulations de livres et de périodiques savants dans l’espace méditerranéen seront par ailleurs produites, dans le sillage de celles du programme ANR CITERE.

  1. Idée(s) de Méditerranée(s)

Définitions(s), théorisation(s), représentation(s), imaginaire(s).

Responsables : Barbara Meazzi, PR de littérature et civilisation italienne, Véronique Mérieux, MCF de civilisation italienne et Monica Mocca, MCF de littérature et civilisation italienne.

L’histoire de l’idée de Méditerranée est au cœur d’une large réflexion qui  s’est engagée depuis deux décennies  qui interroge les  critères objectifs aptes à maîtriser une définition analogique et pertinente du concept de « Méditerranée ».

Il est un fait que la Méditerranée héritée de l’Ancien Monde n’étant pas un lieu unique.

L’ historicité plurielle de ses lieux et de son héritage culturel, des spécificités maritimes, climatiques, géopolitiques des paysages méditerranéens, a cependant conduit l’historiographie moderne, à délimiter, au-delà de son intrinsèque caractère plurivoque, l’idée d’un espace méditerranéen unique, et à le décliner en modèle universel de référence, sorte d’archétype idéalisé auquel on peut référer ou comparer au point qu’il est fréquent aujourd’hui de la voir utiliser pour désigner des espaces autres que la Méditerranée tels la Méditerranée caribéenne ou la Méditerranée asiatique.

La thématique s’attachera à explorer et cerner, dans la zone que les géographes définissent comme le « bassin méditerranéen », les contours multiples de cette structuration protéiforme de l’idée même de Méditerranée, en observant comment, à diverses périodes de l’histoire moderne et contemporaine, elle a pu être érigée en modèle, se cristallisant en archétype imposé, tantôt rigidement théorisé, tantôt distordue par les intentions  ou instrumentalisations historiques ou politiques, sociales, dont cette étude mettra en lumière les enjeux. Elle développera des investigations inter- et transdisciplinaires, et veillera à valoriser l’étude croisée d’historicités, de corpus et de pratiques disciplinaires multiples, en étendant sa recherche à un ample champ chronologique résolument ouvert (XVIème – XXIème). Soucieux de s’enrichir d’un faisceau large et divers d’approches historiques des phénomènes culturels, l’étude veillera à examiner l’Idée de Méditerranée selon une méthodologie croisée, en confrontant perspectives et champs de recherches (histoire moderne et contemporaine, géographie, géopolitique, économie, sciences, littérature, histoire des arts…). L’appréhension de l’Idée de Méditerranée se nourrira d’une démarche pluridisciplinaire attentive à la conjonction complexe des apports des différents domaines disciplinaires convoqués.

L’idée complexe de Méditerranée à l’étude sera ainsi appréhendée dans le cadre de ses multiples et successives contextualisations, concrétisations et manifestations historiques, avec le souci de mettre en lumière le plus largement possible le prisme de ses déclinaisons, définitions théoriques et enjeux distorsions, anachronismes, contradictions.

  1. Territoires et élites

Territoires, Identités, Représentations.

Noblesses de Méditerranée dans la première modernité (env. 1450 – env. 1650).

Responsables : María Ghazali, PR de civilisation hispanique, Anne Brogini, MCF HDR d’histoire moderne et Jean-Pierre Pantalacci, MCF de civilisation italienne

La thématique Territoires, identités, représentations. Noblesses de Méditerranée dans la première modernité (env. 1450 – env. 1650) est un projet pluridisciplinaire qui rassemble au sein du CMMC trois spécialistes de la première modernité, des territoires nord-méditerranéens (péninsules ibérique et italienne, France méridionale) et des noblesses terriennes et urbaines.

L’objectif est d’observer les interactions qui se manifestent entre les territoires et les sociétés –en ciblant un groupe social homogène et hétérogène à la fois, qui domine plusieurs territoires d’Ancien Régime, la noblesse. Principe fondamental des sciences sociales selon lequel « nulle dimension matérielle [n’existe] sans dimension idéelle »[1], un territoire existe autant par sa réalité concrète que par le regard qu’un groupe social porte sur lui. En résultent une dimension identitaire des territoires, ainsi qu’une identité collective qui investit des lieux et se les approprie. La noblesse s’approprie ainsi des territoires spatiaux et sociaux qui l’affermissent et qui deviennent les supports de son identité et de ses représentations en tant que groupe social dominant.

Le choix de la première modernité (1450-1650) s’explique par la floraison, aux XVe-XVIe siècles, des réflexions conduites sur les trois grands « territoires » liés aux noblesses, tenus par elles et qui les définissent : un territoire militaire, un territoire foncier, un territoire sociopolitique. Bien que traditionnellement séparés par une coupure chronologique classique entre le Moyen Âge et l’époque moderne, ces deux siècles présentent une vraie homogénéité en ce qui concerne l’analyse des thématiques liées aux territoires nobiliaires. À cette époque, la noblesse survit encore en tant que comportement, mais commence à se définir en tant que statut juridique et social, dont il faut prouver la réalité par des pièces écrites. C’est dans l’Europe méditerranéenne que les théories et traités nobiliaires sont rédigés du début du XVe siècle (Italie et Espagne) à la fin du XVIe siècle (France) et que circulent les idées et les pratiques chevaleresques, notamment par le biais des ordres militaires internationaux ou nationaux, qui défendent le front chrétien en Méditerranée et qui contribuent, par une uniformisation progressive des définitions du second ordre de la société, à sa domination sur les territoires économiques, sociaux et politiques de l’Europe méditerranéenne.

Cette thématique s’articulera donc autour de trois thèmes, qui correspondent aux trois territoires qui définissent les noblesses et qui leur confèrent leurs pouvoirs durant la première modernité :

  1. Territoires guerriers, identité et représentations militaires. Seront particulièrement étudiées les thématiques sur :
    1. La défense du front chrétien, dynamisée par les guerres d’Italie, par les guerres de religion contre les protestants et par la résurgence d’un idéal de croisade contre l’Islam : achèvement de la Reconquista en péninsule ibérique, croisades tardives en Afrique du Nord sous l’égide de l’Espagne, batailles navales et guerre de course en Méditerranée contre les Turcs et les Barbaresques, affrontements militaires dans les Balkans…
    2. La persistance réelle et fantasmée de la chevalerie: On ciblera les comportements, l’éducation des chevaliers, les images et mythes, le service de Dieu et de l’Église catholique…
  2. Territoires économiques, pratiques familiales.Ce thème abordera :
    1. Le maillage foncier et économique mis en place par les noblesses terriennes et les élites urbaines d’Europe méditerranéenne, par le biais d’alliances matrimoniales, du maintien des grands fiefs, de la création de fiefs secondaires, des réseaux commerciaux des patriciens vénitiens par exemple…
    2. Le placement des cadets dans les ordres de chevalerie. Quelques grandes familles seront étudiées, tant en Espagne qu’en Italie (Venise, Toscane, Rome) et en Provence.
  3. Territoire social, pouvoirs politiques. Ce thème ciblera :
    1. Le renouvellement de l’identité et des représentations sociales de la noblesse: ou comment évoluent le fait de se penser noble et celui d’être reconnu comme noble par les autres (inférieurs, supérieurs et pairs). On s’appuiera particulièrement sur l’étude des lignages et armoiries, des preuves de noblesse fondées sur la constitution d’écritures prouvant la pureté du sang, de la religion et de la race…
    2. Les pouvoirs politiques garantis et accrus par ces (re)définitions sociales de la noblesse (charges administratives, oligarchies, rôles politiques et représentations diplomatiques – ambassadeurs…).

Cette thématique de recherche associera plusieurs chercheurs spécialistes de ces thématiques, tant niçois (Germain Butaud, MCF d’histoire médiévale, CEPAM) qu’extérieurs, Français et étrangers (Anglais, Italiens et Espagnols).

  1. Réseaux et circulations

Une Méditerranée des Lettres et des Sciences ?

Circulations, réseaux et transferts 1650-1850.

Responsable : Pierre-Yves Beaurepaire PR d’histoire moderne

Cette recherche s’appuie sur les acquis et les limites du programme ANR CITERE (Circulations, Territoires et Réseaux en Europe de l’âge classique aux Lumières/ Communicating Europe : Early Modern Circulations, Territories and Networks)[2] et du programme européen COST (en cours) Reassembling the Republic of Letters, 1500-1800 A digital framework for multi-lateral collaboration on Europe`s intellectual history.

Cette thématique est en préfiguration dans le cadre de l’UNS au sein du programme Mots des Lumières porté avec Marc Marti (LIRCES) et intégré à l’axe interdisciplinaire Histoire des idées, des sciences et des arts (Pierre-Yves Quiviger (CRHI)). Elle s’insère dans un projet en cours d’élaboration au sein de l’IDEX qui a bénéficié d’une évaluation très favorable en septembre 2016. Elle bénéficiera de la dynamique du groupe RES-HIST (Réseaux & Histoire) dont la quatrième rencontre, Retour aux sources, aura lieu  à Nice les 22-24 septembre 2016, et du GDR AR-SHS (Analyse de Réseaux en SHS), lancé par l’INSHS du CNRS le 1er janvier 2016. Elle se fera en partenariat avec la Humboldt Universität (Berlin) pour le volet Digital Humanities  (Anne Baillot et Emmanuelle Chaze), l’équipe Mapping the Mapping the Republic of Letters (Stanford) (Dan Edelstein), Antonio Trampus (Ca’ Foscari, Venise), Philippe Bourdin (Clermont-Ferrand) et Jean-Luc Chappey (Paris I).

Cette thématique de recherche part d’une observation simple : celle du fort tropisme septentrional des recherches menées sur les circulations savantes au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, qui fait la part belle à la diaspora huguenote dans l’animation de l’Europe de la presse périodique, de la République des Lettres et de l’espace public et s’est traduit par un sous-investissement de l’Europe méridionale et a fortiori de la Méditerranée comme terrain de recherche. Or, l’étude des réseaux de correspondance, des traductions savantes et des recommandations académiques mutuelles nous ont montré au cours du présent contrat que les perspectives existent

  • pour réévaluer l’importance des circulations savantes et culturelles dans l’Europe méridionale et en Méditerranée
  • mieux comprendre les dispositifs d’échanges qui les soutiennent et leurs connexions aux circulations centrées sur l’Europe protestante.

Afin d’être réalisable dans la durée du contrat, la thématique s’intéressera principalement à l’étude d’un corpus documentaire inédit, vaste mais bien identifié : la correspondance du cardinal Angelo Maria Querini, évêque de Brescia, conservateur de la Vaticane, immense collectionneur, figure de l’érudition catholique, mais aussi intermédiaire culturel de premier ordre en direction du monde académique protestant. Elle s’organisera en trois chantiers complémentaires :

  • Un projet d’édition en humanités numériques/digital humanities de la correspondance active et passive de Querini.
  • Une restitution des réseaux dans lesquels se déploient son activité savante et celles de ses correspondants.
  • Une restitution en cartographie dynamique des circulations de livres et de périodiques savants dans l’espace méditerranéen.

Cette thématique de recherche choisit délibérément une périodisation peu fréquente en histoire culturelle (1650-1850) pour restituer les recherches qui seront menées au sein de ce projet dans les reconfigurations successives de l’espace savant, de l’érudition classique aux entreprises savantes du premier XIXe siècle.

[1] Maurice Godelier, L’idéel et le matériel, Fayard, Paris, 1984.

[2] Voir notamment : Pierre-Yves Beaurepaire (dir.), La Communication en Europe de l’âge classique aux Lumières, ouvrage avec cartes (72 cartes couleur), Paris, Belin, 2014, 367 p. ; Pierre-Yves Beaurepaire et Héloïse Hermant (dir.), Entrer en communication de l’âge classique aux Lumières, Paris, Classiques Garnier, Les Méditerranées, 2012, 347 p. ; Antoine Lilti et Céline Spector (dir.), Penser l’Europe, Oxford, Voltaire Foundation, 2015.

 

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