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Centre de la Méditerranée Moderne et Contemporaine
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Recherche – Axe 2 – quinquennal

« Encadrer les sociétés méditerranéennes »

Responsables : Maria Ghazali et Jean-Paul Pellegrinetti

Si l’information et les formes de transmission des savoirs et des représentations constituent une clé d’accès pour comprendre les dynamiques à l’œuvre dans l’espace méditerranéen, nous avons souhaité développer également l’étude de l’encadrement des sociétés méditerranéennes de l’époque moderne et contemporaine pour mieux en saisir la nature et les spécificités.

Dans les sociétés de corps d’Ancien Régime, les nombreux réseaux et les multiples identités sociales dont peut se réclamer un même individu – du fait même de son appartenance à plusieurs corps ou réseaux- ainsi que l’absence de distinction nette entre Etat et société civile, permettent d’aborder la notion de cadre de façon toute particulière, en brouillant une opposition rigide entre dominants et dominés, haut et bas, qui peut se révéler davantage opératoire pour l’époque contemporaine.

À l’époque moderne, l’art de la politique est essentiellement un art de la négociation, les élites politiques ne constituent pas un ensemble homogène, la notion d’Etat ne peut être prise dans son sens actuel et les agents du pouvoir, qui ne s’assimilent en rien à des « fonctionnaires d’Etat », sont profondément immergés dans la société et se trouvent pris dans des logiques de solidarité et d’intérêts souvent contraires aux logiques du pouvoir central qui, elles, ne sont pas a priori pensées comme les plus légitimes. Tous ces facteurs conditionnent fortement toute analyse des notions de cadre, d’ordre et de surveillance. Pour l’époque contemporaine, il importe de vérifier la persistance de liens entre les acteurs de la vie politique, d’une part, et le tissu sociétal local et les intérêts méditerranéens, d’autre part, par opposition aux allégeances nationales dans lesquelles ce personnel politique se reconnaît pourtant, ou à un modèle plus nordique dans lequel ces attaches locales seraient moins prégnantes.

Au-delà du clivage entre les modalités d’encadrement des sociétés moderne et contemporaine, se pose ainsi avec acuité la question de la spécificité des sociétés méditerranéennes – celles d’hier comme celles d’aujourd’hui – avec leur dualité persistante d’archaïsmes et de modernités, de survivances tenaces de logiques claniques et clientélistes, ou encore du divorce affiché entre Etat et société civile, tel qu’il se manifeste de nos jours dans les pays musulmans par l’importance croissante du référent religieux, palliant l’incapacité de structurer la société autour d’un mythe d’un Etat national.

Nous avons choisi d’aborder ce chantier sur l’encadrement des sociétés méditerranéennes à partir de quelques coups de projecteurs sur des thèmes qui nous ont semblé originaux et novateurs, selon deux lignes de force principales. La première, qui s’attache à l’étude des formes et des acteurs de l’encadrement social ainsi qu’aux réactions qu’elles suscitent, se décline en trois projets qui visent respectivement à étudier : les processus de contournement, inflexion, subversion des normes imposées au sein des sociétés de corps d’Ancien Régime dans leurs rapports avec l’autorité du souverain ; l’attachement local à leur terre et les allégeances des acteurs de la vie politique de la France méridionale contemporaine ; enfin les problèmes spécifiques liés à l’encadrement et au contrôle des populations des littoraux et des îles, lieux privilégiés d’échange, de contacts et de circulations posant des défis spécifiques aux autorités qui souhaitent exercer un contrôle sur ces sociétés. La seconde aborde la question de l’encadrement des sociétés par l’étude de l’affirmation (parfois hégémonique) de modèles culturels et artistiques. Il s’agit plus particulièrement de comprendre dans quels contextes les sociétés méditerranéennes – en l’occurrence, italiennes – ont voulu, su ou pu imposer au reste des sociétés européennes des valeurs culturelles originales, alors même que le déclin d’une vie politique autonome était consommé et qu’il n’y avait donc plus un pouvoir politique fort capable d’imposer quoi que ce soit à autrui. Cette dissociation entre puissance politique et hégémonie culturelle renvoie ainsi à des formes de pouvoirs qui échappent à la sphère politique et qui sont pourtant susceptibles de s’affirmer en dehors des sociétés qui en ont secrété en premier les caractères.

L’axe 2 prévoit de mener les actions suivantes:

  • Contourner, infléchir, subvertir les cadres de domination dans les sociétés méditerranéennes d’Ancien Régime (XVI-XVIIIe siècle)»
    Responsable : Héloïse Hermant
  • Vie et pratiques politiques en terres méditerranéennes, XIX-XX siècles
    Responsable : Jean-Paul Pellegrinetti
  • Iles et rivages. Les formes d’encadrement des sociétés méditerranéennes
    Responsables : Anne Brogini et Maria Ghazali
  • Conquêtes, pouvoirs, modèles hégémoniques : les dynamiques engagées entre l’Italie et l’Europe, XVIe-XXe siècles
    Responsables : Jean-Pierre Pantalacci et Véronique Mérieux

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