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Publications individuelles


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Les maîtres de granit

couvertureYves POURCHER, Les maîtres de granit, Paris, Tallandier, 448 pages, ISBN : 9791021027350

En Lozère, la terre, la religion et la parenté tiennent les hommes d’une main de fer. L’ordre du granit fixe les droits et les rangs. Les maîtres du pays grandissent sur les domaines et commandent dans la langue des paysans. Alors, dans l’aire du clocher et du château, les siècles s’usent sans rien changer.
Yves Pourcher retrace, depuis le XVIIIe siècle, le parcours de ces élites accompli sous la tutelle vigilante de l’Église et des familles. Il nous montre leur extraordinaire capacité de résistance aux grands chocs historiques qui ébranlent la France. La justice change ? Ici, les coutumes l’emportent. La conscription réclame des hommes pour les armées du roi, de l’empereur ou de la République. On la fuit. Il faut aller à Paris pour réussir. Chacun garde un bout de terre car le Lozérien sait trop le prix des choses pour les abandonner. Et du village au canton, des lignées politiques se forment dans les passions électorales. Ici, les Chambrun, les Las Cases, et là, les Giscard, Ramadier et autres Mendras se succèdent de père en fils comme maire, conseiller général ou député. Jusqu’aux jours récents où, fragilisées par le changement et usées par le temps, les vieilles légitimités disparaissent.
Couronné par l’Académie française et l’Académie italienne, Les Maîtres de granit dévoile cette Lozère des notables, conservatoire étonnant des coutumes qui semblaient d’un autre âge.

Pour plus d’informations: https://www.tallandier.com/livre-9791021027350.htm

 

Une noblesse en Méditerranée

couv_NOBLESSEMEDAnne BROGINI, Une noblesse en Méditerranée. Le couvent des Hospitaliers dans la première modernité, Presses Universitaires de Provence. Collection / Série : Le temps de l’histoire, 353 pp.

La table des matières est disponible ici

Ordre militaire religieux issu des Croisades, chassé du Levant en 1522, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, mieux connus sous le nom de chevaliers de Malte, établissent en 1530 leur couvent en Méditerranée occidentale, devenant des acteurs essentiels de l’histoire de l’Europe dans la première modernité. Cet ordre, constitué par la fine fleur de la noblesse européenne, compte aux XVIe-XVIIe siècles un nombre très élevé de nobles français, et particulièrement provençaux ; ces derniers représentent le quart des grands-maîtres élus en un siècle et demi. Les chevaliers se spécialisent dans la définition nobiliaire, par l’établissement d’un système d’admissions fondé sur la constitution d’écritures et de généalogies, et sur la fourniture de preuves de la pureté du sang et de la race. Cet ordre, symbole d’une perpétuation de la guerre sainte en Méditerranée, est aussi confronté à la diffusion du protestantisme au sein des noblesses européennes, qui l’oblige à conforter son identité religieuse par l’application stricte dans le couvent de la Réforme catholique, œuvrant à une grande discipline des corps et des moeurs des chevaliers. Dans un couvent dirigé à Malte par des grands-maîtres qui mettent en place une véritable vie de cour, les chevaliers sont également sensibilisés aux théories et aux évolutions politiques qui s’observent en Europe : des conjurations nobiliaires éclatent, qui tentent en vain de résister aux ambitions princières des grands-maîtres.

 

Journal d’une étrangère

couvjournaletrangere

Hélène d’Œttingen, Journal d’une étrangère. Chroniques d’amour et de guerre 1914-1918, édité et annoté par Barbara Meazzi, suivi des Lettres à Hélène d’Œttingen 1914-1917, traduites du russe et annotées par Régis Gayraud, Paris, Editions Le Minotaure, 2016, ISBN: 978-2-916775-33-3.

En 1931, la poétesse Hélène d’Œttingen – dite Roch Grey – achève la rédaction du manuscrit du Journal d’une étrangère, inédit jusqu’à aujourd’hui, et dont la première rédaction remonterait à 1914-1915. Le Journal, transcrit et annoté par Barbara Meazzi, est organisé en trois parties, plus une quatrième restée à l’état de brouillon dactylographié : dans la première, il est question de la mobilisation, à Paris, en août 1914 ; la deuxième partie est une rêverie poétique et littéraire, alors que dans la troisième, la protagoniste commente les récits d’un « ami infirmier » travaillant dans un hôpital auprès des blessées de guerre ; la dernière partie contient des considérations très sombres et négatives sur Nice et la Côte d’Azur. En arrière fond du Journal, la vie d’Hélène d’Œttingen et de son cousin, le peintre cubiste Serge Férat, pendant la Première Guerre mondiale : c’est lui l’« ami infirmier » qui avait travaillé à l’Hôpital italien à Paris, là où avait été recueilli Guillaume Apollinaire en 1916.

La publication du Journal d’une étrangère est accompagnée des lettres que Serge Férat adresse à Hélène entre 1914 et 1917. Malgré l’éloignement géographique et les différences de condition de vie – elle le plus souvent sur la Côte d’Azur, lui le plus souvent dans l’atmosphère lugubre d’un hôpital militaire – on lit dans les non-dits, ou au contraire dans l’exagération des formules devenues rituelles, la connivence de ceux qui sont davantage qu’un couple, et davantage aussi que de simples cousins, deux complices liés depuis longtemps par une destinée commune, des goûts communs, une volonté créatrice commune. Apollinaire, Picasso, Irène Lagut, Survage, Reverdy et Nord-Sud, Les Mamelles de Tirésias, Charchoune et bien d’autres personnages apparaissent, dans les lettres. Serge et Hélène ont, peut-être sans en être conscients eux-mêmes, mus sûrement grâce à leur amitié pour Apollinaire, choisi la voie la plus moderne, la plus forte, celle qui mènera au dadaïsme et au surréalisme, lesquels paradoxalement, les engloutiront à leur tour.

http://galerieleminotaure.net/fr/exposition/la-baronne-doettingen/#

Échec au roi. Irrespect, contestations et révoltes

CouvertureEchecauRoiPierre-Yves BEAUREPAIRE, Échec au roi. Irrespect, contestations et révoltes dans la France des Lumières, Belin, 2015

La table des matières est disponible ici

Au début des années 1740, Louis XV, dit le Bien-Aimé, est dans la force de l’âge, mais la France s’impatiente. Quand l’arrière-petit-fils du roi Soleil, se décidera-t-il donc à assumer son « métier de roi » ? à quitter les bras de ses maîtresses ? à s’émanciper de la tutelle d’un ancien précepteur qui approche des quatre-vingt-dix ans ? En quelques mois, l’image du roi, père et nourricier, se lézarde et le désamour s’installe. De « mauvais bruits » courent, que la police peine à faire taire. Les marques d’irrespect, les contestations et les actes de rébellion se multiplient jusqu’à la fin de son règne. Dans une France des Lumières en effervescence, Louis XVI hérite de ce premier échec au roi. Ses ministres se tournent alors vers l’opinion publique. Il ne faut plus seulement la contrôler, mais la séduire et s’en faire une alliée. Pari risqué, car il ne sera plus possible ensuite de lui imposer le silence. Comme l’écrit Diderot, une génération avant 1789, « une révolution dans les esprits » est à l’œuvre, qui transforme insensiblement le sujet en citoyen.

Une partie de cet ouvrage reprend des chapitres parus dans La France des Lumières 1715-1789, Belin, 2011, collection « Histoire de France », sous la direction de Joël Cornette.

 

Bordeaux et les États-Unis (1776-1815)

bordeaux-et-les-etats-unis-1776-1815Silvia MARZAGALLI, Bordeaux et les États-Unis (1776-1815). Politique et stratégies négociantes dans la genèse d’un réseau commercial, Genève, Droz, 2015, IV-560 pages.

Dès 1793, alors que la guerre intérieure et extérieure fait rage, des centaines de navires américains commencent à approvisionner Bordeaux en céréales, riz et denrées coloniales. En dépit des efforts des deux gouvernements, l’indépendance des États-Unis, reconnue dix ans plus tôt, n’avait pas suscité un courant commercial significatif entre la France et l’Amérique du Nord. C’est donc bien les guerres révolutionnaires et la neutralité américaine qui donnent une impulsion fondamentale pour que les négociants du principal port français entrent en relation avec les armateurs américains. S’appuyant sur un large éventail de sources, souvent inédites, ce livre montre comment ils ont su éviter l’asphyxie du port girondin. Pour ce faire, il reconstitue les nouveaux courants d’échanges qui se mettent en place et le fonctionnement des réseaux marchands qui, du moins jusqu’en 1807, se jouent d’un conflit franco-britannique de plus en plus âpre, et du blocus continental.

L’ouvrage a été récompensé par le prix Vovard de l’Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux.

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